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Souvenez-vous, c'était
il y a tout juste un an, les imperfections de la F310 plongeaient
la Scuderia dans une profonde perplexité. Comportement routier
ne convenant pas à son pilote, rendement aérodynamique caractériel,
fiabilité en cause, le pire était atteint au coeur de l'été
quand, entre Montréal et Budapest, les V10 maison devenaient
de verre. Par bonheur, la Scuderia redressait tout de même
la tête et les trois victoires décrochées, ainsi que la
deuxième place du Championnat des constructeurs, faisaient
que le bilan finissait par apparaître comme positif, même
si l'apport personnel de Schumacher avait été à chaque fois
déterminant.
Globalement, la F310 n'avait donc pas été un raté mais une
monoplace tout simplement moins performante que la Williams
FW18. Un constat fait très tôt dans la saison par le Président
Montezemolo pour qui le programme 1997 devint dès lors prioritaire.
Pour éviter de connaitre le même périlleux début de saison
qu'en 1996, deux conditions furent (im)posées: ne pas repartir
pour la énième fois d'une feuille blanche et lancer suffisamment
tôt la voiture afin de bien avancer sa mise au point avant
le départ pour l'Australie. Avec six semaines séparant sa
naissance de cette première épreuve, nul doute que le but
était atteint. Maintenant, faut-il en déduire que la célèbre
Scuderia n'a jamais été mieux armée qu'aujourd'hui pour
faire enfin ses adieux aux cruelles désillusions qui l'accompagnent
depuis 1979, date de son ultime sacre mondial pilotes (Jody
Scheckter)? Ce serait aller d'autant plus vite en besogne
que, malheureusement, les premiers tours de roue de la F310B
n'ont pas, loin s'en faut, déchainé les passions. Voilà
qui finissait de consommer la rupture entre Ferrari et John
Barnard. Ainsi, la F310B est donc la dernière de son ère
avant que ne débute celle de Ross Brawn et Rory Byrne, les
deux transfuges de l'écurie Benetton. Deux arrivées de marque
qui confirment, par là même, la montée en puissance de l'influence
de Michael Schumacher à Maranello. Alors, cette couronne
mondiale tant de fois promise est-elle pour cette année
ou les tifosi doivent-ils dès aujourd'hui reporter leurs
espoirs sur 1998? A en croire Montezemolo lors de la présentation
de la voiture, mieux vaut jouer la prudence et fixer l'objectif
à quatre, peut-être cinq victoires. Pourquoi tant de sagesse?
Peur de faillir? Peur de revivre le même début de saison
cuisant que l'an passé? "Aujourd'hui,
confesse-t-il, je me dis que les belles
paroles ne servent à rien. Gardons notre jugement pour le
soir des premiers essais officiels du Grand Prix d'Australie.
Ou l'on remportera ces quatre victoires ou l'on rentrera
tous à la maison!"
Quitte à donner l'impression d'une écurie jouant la défensive
et à plonger les tifosi dans la perplexité, la Scuderia
Ferrari aurait-elle donc choisi de ne plus succomber (son
travers de toujours) à trop d'enthousiasme? Une prudence,
rassurez-vous, ne voulant pas dire manque d'ambition.
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