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Ce n'est un secret
pour personne, en cette année 1997, l'écurie Jordan va disputer
la plus importante saison de son histoire. Après un exercice
1995 fait de rodage et de connaissance mutuelle avec Peugeot,
la structure irlandaise se devait de toucher au but l'an
passé.
Las, par la faute d'une monoplace loupée, les sentiers de
la gloire devinrent bientôt chemins de croix. L'épicentre
de la crise était atteint au coeur de l'été quand Gary Anderson,
l'historique directeur technique du team, était gentiment
prié de prendre quelques congés. De son côté, Eddie Jordan
décidait de faire table rase du passé pour repartir sur
des nouvelles bases. La première (et injuste) vraie victime
de la restructuration entreprise n'était autre que Rubens
Barrichello qui, après quatre ans de bons et loyaux services,
était enjoint d'aller voir ailleurs. Plus tard, ce sera
également au tour de Martin Brundle. Le "boss" après s'être
assuré les services (... pour faire plaisir à Benson et
Hedges?) du frère le plus en vue du monde automobile, tentait
de convaincre Damon Hill avant de se replier sur Giancarlo
Fisichella. Un excellent choix même si, du coup, l'équipe
de pilotes semble pour le moins inexpérimentée. Un faux
problème selon Jordan qui estime que leur faim de victoires
compensera leur manque de maturité. Acceptons-en l'augure
même s'il est difficile de ne pas penser que le rusé Eddie
oeuvre plus, dès à présent, pour l'après 1997. Est-ce à
dire, alors, qu'il estime avoir déjà perdu le moteur Peugeot?
Il clame evidemment que non et, qu'à ce titre, les cinq
premiers Grands Prix seront déterminants. Espérons-le pour
lui, même si la naissance du "Prost Grand Prix" semble être
un obstacle pour le moins insurmontable. Cela dit, pour
l'écurie, tenter de conserver le V10 français n'est pas
le seul objectif de la saison puisqu'elle a aussi pour mission
de consolider ses liens avec "Benson et Hedges", dont le
contrat de sponsoring prend fin au terme de l'exercice 1997.
Bref, l'écurie Jordan joue sa survie, du moins sa capacité
à devenir un top team. Ou les résultats 1997 sont à la hauteur
des espérances et elle entre définitivement dans la cours
des grands, ou elle échoue une nouvelle fois et la descente
risque d'être douloureuse. Revenu de vacances, Gary Anderson
s'est donc très tôt investi dans le programme technique
1997 pour aborder comme il se doit cette année de tous les
dangers. Bilan, un bureau d'études passé de neuf à vingt
personnes aujourd'hui et une monoplace 1997 totalement repensée
tant aérodynamiquement que mécaniquement. Pour mener à bien
l'étude de celle qui se veut la meilleure Jordan jamais
construite, Anderson a pu compter sur l'appui des hommes
de Vélizy. Etude de la boite à air, intégration du moteur
dans le châssis, etc., en tous points la collaboration fut
parfaite avec J.-P. Boudy, l'architecte de l'inédit et prometteur
V10 A14. Le premier "vrai" 3 litres de Peugeot-Sport.
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