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Jamais, sans doute,
Ron Dennis n'a eu autant de pression sur les épaules qu'en
ce moment, alors que va débuter un tout nouveau chapitre
de l'histoire de l'écurie de Woking. Suite à l'embellie
des années 80 où Alain Prost et Ayrton Senna régnaient en
despotes sur le Championnat du monde, la victoire s'était
faite de plus en plus rare jusqu'à aboutir à la traversée
du désert que connait l'écurie depuis trois ans maintenant.
Trois longues années au cours desquelles les relations entre
Ron Dennis et Marlboro, le partenaire historique, ne pouvaient
que se dégrader. Après vingt ans de vie commune, les deux
parties décidaient donc de se séparer. Le groupe Reemtsma,
via les cigarettes West, succédait à Philips Morris et le
poids de Mercedes se faisait d'un coup plus lourd. En favorisant
cette union, le géant automobile signifiait qu'il s'investissait
encore un peu plus dans l'écurie et que, désormais, après
quatre ans de présence en F1 (... deux avec McLaren), l'heure
des premiers succès avait sonné.
Motoriste allemand, capitaux allemands, Dennis est aujourd'hui
pieds et poings liés. Une douce violence cependant si l'on
considère l'investissement consenti par Reemtsma et l'excellence
du V10 Mercedes qui, cette saison, ne sera pas loin d'être
le plus puissant des moteurs du plateau. Avec le soutien
d'une telle puissance de feu, McLaren ne devait, dès lors,
pas se tromper et présenter une MP4/12 à la hauteur des
(grandes) ambitions de chacun. Le résultat, sur le papier,
répond aux espérances tant la dernière-née de Woking impressionne
par la qualité de sa finition. Certes, elle ne renie pas
sa lignée mais il serait faux de dire qu'elle n'est qu'une
simple évolution. Aérodynamique, position de conduite, suspension
avant profilée, suspension arrière en composites, etc...,
c'est en fait dans tous les domaines que l'équipe dirigée
par Neil Oatley a voulu obtenir un gain. Bilan, une monoplace
composée à plus de 90% de pièces neuves et dont le boss
lui-même n'est pas peu fier. Alors, le temps des vaches
maigres a-t-il vécu? Le retour au sommet est-il pour aujourd'hui?
Il est évidemment encore trop tôt pour répondre mais, toutefois,
il serait fort surprenant que cette monoplace brise la courbe
croissante des performances enregistrées par l'écurie de
Woking depuis le début de la saison 1996. Ajouter à cela
deux pilotes assez proches en performances avec un petit
plus cependant à Mika Häkkinen.
Pour finir, comment ne pas évoquer le prochain renfort d'Adrian
Newey, l'ingénieur vedette de l'écurie Williams. Grâce à
ce recrutement, Ron Dennis trouve un roi à son échiquier
et prépare l'avenir. Pour McLaren, les années de transition
semblent, cette fois, avoir vécu!
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