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La persévérance d'Alain
Prost aura donc fini par payer. Après plusieurs tentatives
avortées, le quadruple Champion du monde français s'est
porté acquéreur à la mi-février de l'écurie Ligier. Budget,
promesse de vente de Briatore, ne manquait plus que la signature
d'Eddie Jordan pour que l'écurie puisse prendre le nom de
"Prost Grand Prix", condition sine qua non de la venue de
Peugeot. Pressé par Max Mosley et Bernie Ecclestone, le
rusé Irlandais consentait à parapher le précieux document
(les Accords Concorde prévoit l'unanimité dans un tel cas)
et, dès lors, tout allait très vite. Le 14 février au siège
de Peugeot à Paris, la prise de contrôle était officialisée
et le "Prost Grand Prix" porté sur les fonds baptismaux.
En même temps que s'écroulait tout un pan d'histoire, débutait
une prometteuse aventure. Ainsi, ceux que l'on continuera
sans doute à appeler les "bleus" fermaient avec un petit
pincement au coeur le grand livre (souvent rocambolesque)
de l'épopée Ligier en F1 et ouvraient sur une page blanche
celui que se devra d'écrire Alain Prost. Puisse, maintenant,
le goût du champagne remplacer celui du pastis...
A cet égard, le nouveau patron prend ses fonctions au meilleur
moment puisque la nouvelle JS45 ne fut pas loin d'être la
reine des essais hivernaux. Catalogne, Magny-Cours, partout
où les gommes Bridgestone se posèrent, les chronos tombèrent.
De Patrick Head à Frank Dernie en passant par Jacques Villeneuve,
tout le monde prédit le plus bel avenir à Olivier Panis
cette saison et, fort de ce constat, Prost n'aura sans doute
pas envie de bouleverser d'entrée l'équipe en place. Une
équipe jeune et solidaire qui, en la personne de Loïc Bigois,
s'est trouvé un concepteur de la veine d'un Adrian Newey,
la référence actuelle. Cela dit, un bon châssis n'est rien
sans un bon moteur et, à ce titre, le V10 Mugen-Honda est
de premier ordre. Partenaire de Ligier depuis début 1995,
le motoriste nippon tient une place prépondérante dans le
redressement des "bleus". Suite à la victoire monégasque
de Panis l'an passé, les liens se sont encore resserrés
entre les deux entités; au point que, cette saison, l'écurie
nivernaise (pour combien de temps puisque l'on parle d'un
déménagement vers le Paul Ricard!) bat largement le pavillon
japonais. Grâce à Mugen-Honda, une synergie a pu s'élaborer
avec les amortisseurs Showa et les pneumatiques Bridgestone;
un manufacturier dont le seul nom fait frémir les possesseurs
de Goodyear! De même, l'arrivée de l'espoir japonais Shinji
Nakano a-t-elle permis l'économie de quelque 45 millions
de francs, tout en contribuant à souder encore plus les
liens dejà existants.
Pour Alain Prost, malgré l'arrivée de Peugeot dès 1998,
la première des choses sera donc de préserver cette unité,
car il ne fait aucun doute qu'une bonne première saison
sous sa nouvelle appellation permettrait à l'écurie d'être
en position de force pour aborder 1998.
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