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Quatre janvier 1996,
le géant Ford donne rendez-vous à la presse internationale
à Detroit pour annoncer qu'il se lie pour cinq ans, à compter
de 1997, au Stewart Grand Prix qui n'est encore, pour l'heure,
que de papier. Certes, le palmarès du "Paul Stewart Racing"
est flatteur tant en Formule Wauxhall, qu'en F3 ou F3000,
mais le pari de Jackie et Paul n'en est pas moins osé puisqu'ils
doivent partir d'une feuille blanche. D'entrée, rendez-vous
est néanmoins pris pour le mois de décembre 1996 et le compte
à rebours commence. Libéré de ses obligations chez Arrows,
Alan Jenkins est le premier à rejoindre les Stewart, et
commence à former l'équipe avec Paul. De son côté, Jackie
part à la chasse au financement. Son nom ouvre toutes les
portes mais, malgré tout, la tâche se montre plus ardue
que prévue. Plutôt que de dilapider inutilement l'apport
financier de Ford (on parle de 100 millions de livres sterling
- 910 millions de nos francs environ - sur cinq ans), le
Stewart Grand Prix annexe les petits locaux du "PSR" et
investit dans une technologie dernier cri lui permettant
de travailler en direct avec la soufflerie californienne
"Swift", l'une des plus cotées au monde.
En septembre, une maquette à échelle 50% entièrement réalisée
par ordinateur est produite. A l'usine, Paul tient ses délais
alors que Jackie signe avec la "Hong Kong et Shanghaï Banque"
un contrat de sponsoring portant sur 25 millions de livres
(environ 227 millions de francs) répartis sur cinq ans.
L'équipe grandit et se renforce d'ingénieurs ou d'aérodynamiciens
de renom (comme Eghbal Hamidy, disciple de Newey chez Williams).
Côté Ford, les choses bougent également et il devient de
plus en plus clair que, face aux difficultés rencontrés
par les Stewart pour boucler le budget, le géant américain
se voit obligé de compenser. Financièrement, et techniquement
aussi, le poids de Ford se fait de plus en plus lourd et
il ne fait plus de doute que le Stewart Grand Prix est en
fait le bras armé de Detroit en GP.
Depuis le sacre de Schumacher en 1994, l'influence de Ford
en F1 a passablement chuté par la faute d'un partenariat
pour le moins terne avec Sauber et d'un nouveau V10 Zetec
manquant de brio. La réaction, c'est cet engagement sans
précédent devant aboutir au titre mondial au terme de la
5ème année au maximum. Rarement, voire jamais, une écurie
naissante a eu la possibilité de débuter en F1 avec un contrat
de cinq ans d'exclusivité moteur en poche; les Stewart en
ont conscience et, un peu contre toute attente, confondent
les sceptiques en présentant comme prévu la SF01 à la mi-décembre.
Fort de ce premier pari réussi, ils enchaînent par des séries
de tests hivernaux plus que prometteurs. Assez injustement
laché par Eddie Jordan, Rubens Barrichello revit alors que
le jeune Jan Magnussen retrouve la F1 après ses impressionnants
débuts à Aïda en 1995. Bref l'aventure commence sous les
meilleurs auspices, mais le plus dur est à venir...
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