|
Inutile de tergiverser
l'écurie Championne du monde sera, cette année encore, bien
difficile à battre même si le départ d'Adrian Newey et l'arrivée
de Heinz-Harald Frentzen soulèvent deux intéressantes interrogations:
Williams peut-elle rester au sommet sans l'ingénieur le
plus inventif de ces dernières années et l'ex-pilote Sauber
est-il réellement l'égal de Michael Schumacher?
On connait déjà, en partie, la première réponse puisque
dès ses premiers tours de roue, la nouvelle FW19 a plus
que satisfait ses géniteurs. Il est vrai que si l'absence
de Newey devait un jour se faire sentir, ce serait plus
en 1998 que cette année car la dernière née de Didcot reste
avant tout son oeuvre même si, depuis novembre dernier,
Patrick Head en assume seul la paternité. Machine plus fine,
mieux appuyée et jouissant d'un centrage des masses quasi
optimum, la FW19 est plus qu'une simple évolution de la
FW18 et remet en question, sans en avoir l'air le concept
même de sa devancière, tant mécaniquement qu'aérodynamiquement.
Jacques Villeneuve s'en lèche déjà les babines et peut,
à moins que son nouvel équipier ne vienne par trop contrarier
ses plans, d'ores et déjà caresser l'espoir d'une consécration
mondiale. Heinz-Harald, justement, sera-t-il d'entrée opérationnel?
L'homme, en ce début de saison, aura énormement de pression
sur les épaules. Non content de répondre à la (très) haute
attente de Frank Williams et de tenter de gommer au plus
vite le souvenir toujours vivace de Damon Hill dans l'écurie,
il aura à subir le parallèle qui ne manquera pas d'être
fait avec son cousin germain de Maranello. Cela dit, Frentzen
sait qu'il a en main une chance unique de faire décoller
sa carrière: pour lui, c'est maintenant où jamais! Monoplace
une nouvelle fois bien née, pilotes de premier ordre et
"affamés", ne manquait donc plus à Frank Williams que d'être
totalement rassuré en l'avenir pour aborder cette nouvelle
saison l'esprit libéré de tout souci majeur. Cette libération
tant souhaitée intervenait au début de ce mois quand son
motoriste fétiche annonçait que, finalement, plutôt que
de dilapider le capital technique accumulé, il vendra son
"savoir faire" à Mécachrome, qui développera pour son propre
compte et sous son propre nom ces V10 qu'il proposera aux
écuries à partir de 1998. En une cinquantaine de mots, les
dirigeants de Renault Sport venaient de mettre à jour une
nouvelle stratégie à laquelle, évidemment, Frank avait d'ores
et déjà souscrit.
Désormais, sans arrière-pensée, il pouvait se tourner vers
Melbourne et cette saison 1997 qui, à son terme, pourrait
faire de l'écurie Williams la plus titrée des écuries de
F1. Pour l'heure, elle partage ce privilège avec la Scuderia
Ferrari puisque chacune compte 8 titres constructeurs à
leur actif. Quand on sait l'importance que revêt cette couronne
aux yeux de Williams, on ne doute pas qu'il fera tout pour
en décrocher une 9ème. L'enjeu est de taille!
|