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Janvier 1998, Londres!
Pas de mouvement de foule, juste une grosse poignée de journalistes
venus enrouler de la bande et noircir de la feuille. Le
fun, le rock, le glamour, ce sera pour demain, ou après-demain.
Ce sera quand Benetton aura ravivé ses couleurs, aura retrouvé
son unité.
Le premier lancement de David Richards est placé sous le
signe de la sobriété et du bon goût. Pour le piquant, pour
le latin, ne comptez pas sur lui. Son credo intime, c'est
plus la sérénité, le travail et l'efficacité. Pas de référence
à Flavio Briatore dans son discours de présentation, le
nouveau patron parle des 300 salariés, de la nécessité de
gérer l'écurie comme une entreprise et donne deux mots-clés
pour définir ce que sera l'écurie Benetton sous son management:
transparence et direction! Il ne faut pas être grand savant
pour deviner qu'il a dû trouver une maison plutôt en désordre
et un staff livré à lui-même, ne sachant plus à quel saint
se vouer quand il a pris le contrôle de l'écurie. "Remettre
l'écurie sur une seule et même voie, soufflera-t-il
plus tard, telle fut ma première mission.
Quand je suis arrivé, les gens vivaient dans l'inconnu,
avaient peur de lendemains difficiles. D'abord, il fallut
rassurer, puis redéfinir les objectifs techniques, sportifs
et marketing. Une fois le doute chassé, la machine s'est
relancée d'elle-même". En fait, il manquait un guide,
un fédérateur d'énergie. Toujours dirigée techniquement
par la paire Pat Symonds (directeur technique) et Nick Wirth
(chef de projet), l'écurie oubliait ses doutes passés et
retrouvait une nouvelle motivation. "David
est arrivé avec sa grande expérience de patron d'écurie,
confesse Symonds. Certes, il venait
du rallye mais, fondamentalement, un team de course reste
un team de course. Pour qu'une écurie fonctionne, il faut
que tous ses membres travaillent en harmonie et, à ce niveau,
son influence a été évidente. Il n'y a pas eu de restructuration
à proprement parler, c'est plus subtil que cela... Il a
apporté quelque chose comme un nouveau souffle!"
Une dernière affirmation que ne dément pas le recrutement
des deux stars naissantes du peloton que sont Giancarlo
Fisichella et Alexander Wurz. "Certes,
insiste encore le directeur technique, ils
ont encore besoin d'accroître leur bagage technique, mais
cette petite lacune sera largement comblée par leur enthousiasme
et leur fraîcheur". Acceptons-en l'augure, d'autant
que leur saison 1997 plaide largement en leur faveur. Côté
matériel, soulignant que les châssis Benetton de ces dernières
années étaient avant tout des évolutions d'un concept de
base déjà ancien, Wirth présente son travail 1998 comme
une vraie révolution... Ce que ne dément pas la volte-face
d'un Richards signant, sur le gong, avec le manufacturier
Bridgestone.
Pas de doute, le Britannique veut faire table rase du passé
et instaurer un ordre nouveau à Enstone. Dès lors, même
dénommé Mécachrome, le groupe propulseur fait presqu'office
de passerelle entre présent et passé... Ce qui ne doit pas
pour autant le faire oublier!
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