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Mort de n'avoir pas
mordu, le serpent de 1997 a fait place à un bourdon qui,
dard sorti, symbolise l'appétit guerrier de l'écurie Jordan
"new look". En effet, au cours de l'hiver, la structure
irlandaise a tourné une page importante de son histoire
pour en ouvrir une nouvelle qui s'annonce tout aussi cruciale
et, souhaitons-le pour eux, plus noircie de récits glorieux.
Après trois ans de vie commune avec Peugeot qui lui aura
permis de s'étoffer techniquement et de séduire le solide
partenaire financier (Benson and Hedges pour ne pas le citer),
sans qui rien n'est possible, la bande à Eddie dispose désormais
de tous les ingrédients nécessaires pour gravir un nouvel
échelon. Grâce à l'argent de son sponsor tabac, l'écurie
s'est renforcée dans de nombreux domaines et a pu investir
dans une soufflerie (située à Brackley) qui, à bien des
égards, fait office de symbole. Assemblé pierre par pierre
au cours de ces sept dernières années (Jordan a débuté en
Grand Prix en 1991), l'édifice a aujourd'hui fière allure.
Moyens de production désormais "ad hoc", budget en hausse,
nouveau et prometteur partenariat technique avec le motoriste
Mugen-Honda, entrée en scène du Champion du monde 1996 Damon
Hill, le puzzle est désormais complet et le temps des excuses
révolu. Déjà, l'an passé, le team aurait sans doute pu remporter
cette première victoire qu'il appelle tant de ses voeux,
mais la trop grande jeunesse de Giancarlo Fisichella et
Ralf Schumacher se retourna parfois contre lui. La leçon
ayant été comprise, Eddie s'est donc offert pour cette saison
les services (pas vraiment donnés) de Damon Hill. Un recrutement
qui, à lui seul, sera-t-il pour autant gage de succès? Il
est évidemment encore trop tôt pour répondre car le tableau
comporte toute de même encore quelques zones d'ombre que
le team se devra d'éclaircir dès les premières joutes. Ainsi,
même si le partenariat avec Mugen-Honda semble avoir commencé
sous les meilleurs auspices, il est néanmoins un fait que
Jordan a perdu très gros dans le divorce d'avec Peugeot.
Plus qu'un simple fournisseur moteur, le constructeur français
était un véritable interlocuteur technique à tous les niveaux
et son assistance touchait des domaines allant des transmissions
aux recherches aérodynamiques. De son côté, Mugen-Honda
est-il prêt à assumer un rôle identique?
De la réponse à cette question dépend en grande partie la
réussite ou non de l'entreprise. Il en va de leur intérêt
et, d'une manière plus subjective, de celui de la Formule
1 en général car il est un fait que dans le petit monde
parfois contrit du paddock, le répertoire "fun, rock et
glamour" interprété par la formation est une sacrée bouffée
d'oxygène. Ce qui n'empêche pas sérieux et compétence quand
la scène devient piste. Une piste sur laquelle Hill le "soliste"
du groupe devra composer avec l'ambitieux Ralf Schumacher
qui, sans doute, aura envie de s'offrir la tête d'affiche.
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