|
Nouvelle motorisation,
nouvel afflux de capitaux germaniques (les bières Warsteiner
notamment), la montée en puissance du géant Mercedes-Benz
semble sans fin et exprime l'importance de l'enjeu.
Pour permettre à McLaren de retrouver son rang et à Mercedes
de succéder à l'ère Renault, Ron Dennis n'a rien voulu laisser
au hasard et s'est octroyé à prix d'or en cours de saison
dernière, les services de celui qu'on considère généralement
comme la perle technique de la décennie. "Le
design d'une monoplace n'est jamais le fruit d'une seule
et même personne, se défend néanmoins Adrian Newey.
Quand j'ai pris mes fonctions, beaucoup
de travail de recherche avaient déjà été mené à bien. Nous
avons eu à comparer nos travaux, à échanger nos idées. Ce
fut un parfait travail d'équipe. Une rencontre entre deux
cultures, en fait". Bilan, une monoplace où, effectivement,
les deux écoles se ressentent, avec cet arrière très "Williams"
et cet aspect général très proche des dernières réalisations
de Woking. Dérives latérales proéminentes, souci extrême
du détail, cette MP4/13 est le résultat d'une recherche
aérodynamique sans précédent qui aura nécessité, si l'on
les additionne, quelque 12 000 heures de travail en soufflerie.
Pour elle, Mario Llien a étudié pour le compte de Mercedes-Benz
un tout nouveau groupe auquel vient se greffer une boite
longitudinale. Baptisé du nom de code "FO 110G", le nouveau
V10 allemand se rapproche énormément toutefois (dans son
architecture et sa conception) de son prédécesseur. Le plus
gros du travail a évidemment porté sur sa plage d'utilisation,
sur sa souplesse, afin de le rendre le plus "conduisible"
possible. Contrairement à l'an passé, la fiabilité devrait
être cette fois au rendez-vous puisque le problème d'accumulation
d'air dans le réservoir d'huile (qui avait occasionné un
nombre élevé de casses l'an passé) a été résolu. Mise en
piste à la mi-février à Barcelone, l'écurie n'a disposé
que de peu de journées pour préparer le premier Grand Prix
de l'année à Melbourne, en Australie. Un handicap cependant
minimisé par le fait que la MP4/12 laboratoire de l'intersaison
a engrangé nombre d'informations au cours des quelques 8000
km parcourus avec les gommes bridgestone. "De
plus, ajoute le directeur technique, d'une
manière générale, toute nouvelle réglementation fait le
jeu des écuries les plus puissantes. Après une période de
stabilité, chacun dispose de bonnes bases de données; ce
qui n'est plus le cas aujourd'hui. Nous repartons tous d'assez
bas, mais évidemment les plus grandes écuries vont acquérir
ces dernières bien plus vite que les autres...".
Parmi les écuries s'étant auto-proclamées candidates à la
couronne mondiale, qui de Williams, Ferrari ou McLaren sera
donc la plus prompte? La question est aujourd'hui d'actualité
même si, déjà, on peut écrire que celle de Ron Dennis n'entend
pas être qu'un simple arbitre du duel que l'on dit se dessiner
entre Williams et Ferrari.
|