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Si Giancarlo Minardi
reste la figure emblématique de la courageuse écurie de
Faenza, l'homme fort de l'organisation s'appelle désormais
Gabriele Rumi. Représentant de la 3ème génération
d'une famille d'industriels italiens, spécialistes de la
métallurgie et de la fusion d'alliages (d'où les jantes
Fondmetal), Gabriele Rumi est aussi l'un des derniers (le
dernier?) représentants de l'authentique passion automobile.
On l'a vu commanditaire de Ghinzani, partenaire puis propriétaire
d'Osella. Une aventure terminée en queue de poisson avant
que tout l'empire n'en supporte les conséquences financières.
On l'a aussi connu commanditaire de Minardi. Puis actionnaire.
Et maintenant propriétaire. Gabriele, c'est un type droit,
honnête, carré comme la F1 n'en produit plus depuis longtemps
déjà. Un type aussi têtu que passionné et qui jamais ne
courbe l'échine. L'an passé Flavio Briatore, encore actionnaire
de Minardi, l'apprenait à ses dépens après avoir essayé,
en vain, de le convaincre d'accepter la proposition de rachat
de B.A.T. Aujourd'hui, ce ne sont rien moins que la Scuderia
Ferrari et Jean Todt qui commencent à comprendre que Rumi
peut se montrer aussi robuste que l'alliage des jantes qui
ont fait la réputation de Fondmetal. Annulation des essais
prévus par Minardi sur le tracé de Mugello (possession de
Ferrari), manoeuvre de la Scuderia pour empêcher Esteban
Tuero d'obtenir sa super-licence, la grande maison a décidé
de faire payer cher à Rumi le recrutement de Gustav Brunner
comme nouveau directeur technique de Minardi. "Fais ce que
je dis, pas ce que je fais" a souvent été la devise d'une
Scuderia qui, l'an passé, n'avait pas hésité à débaucher
l'ingénieur Aldo Costa de Faenza. Sûr que Maranello n'est
pas sorti grandi de cet excès d'orgueil des plus mal placés,
tant le combat semble inégal et la proie facile. Cela dit,
face à l'intimidation, Rumi est resté de marbre et n'a pas
renoncé au recrutement de celui qui aura pour charge de
redonner un nouvel élan technique à sa "scuderia". Brunner,
c'est la pièce-maîtresse du nouvel échiquier que Rumi veut
mettre en place à Faenza. Avec ce dernier dans les murs,
et en regard d'une motorisation (V10 Ford Client) plus en
rapport avec les structures du team que ne l'était le V10
Hart de l'an passé, l'exercice 1998 s'annonce donc meilleur.
L'an passé, entre une équipe technique à l'abandon (Aldo
Costa n'avait pas été remplacé) et un Brian Hart regardant
déjà vers Leafield, la descente aux enfers avait été à ce
point inexorable qu'elle a même fini par pousser Katayama
à la retraite... Un Ukyo qui, cette saison, sera peut-être
le chaînon manquant de la nouvelle équipe mise en place!
Marquès n'ayant pas été reconduit dans ses fonctions, l'écurie
se retrouve en effet avec un débutant dont le passé sportif
plaide bien peu en sa faveur et un Shinji Nakano qui, bien
qu'élevé à la dure école Prost Grand Prix, se retrouvera bien
seul pour assumer le développement prévu. Cela dit, si la foi
peut bouger des montagnes...
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