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Non, ce n'est plus
un rêve! La grande écurie française de Formule 1 que l'Hexagone
se devait de posséder et que seul Alain Prost pouvait engendrer
est sortie de terre.
Il y a tout juste un an, suite au rachat de Ligier et à
la signature d'un partenariat exclusif avec Peugeot, le
quadruple Champion du monde avait annoncé ses trois principaux
objectifs: trouver le budget nécessaire à l'ambition de
l'écurie, restructurer l'équipe et déménager le tout en
région parisienne. Aujourd'hui, Prost Grand Prix dispose
d'une manne financière de 300 millions de francs; ce qui
reste insuffisant pour se battre contre Williams, Ferrari
et McLaren mais qui permet de faire jeu égal avec Benetton.
Le staff est passé de 68 personnes à 150, avec l'arrivée
de gens expérimentés comme Bernard Dudot (directeur technique)
et Jacky Eeckelaert à des postes-clés. Quant au déménagement
forcément perturbateur (à Guyancourt), il s'effectuera pendant
que l'écurie de course affrontera le Grand Prix d'Australie.
Côté matériel, le boss a renouvelé sa confiance à Loïc Bigois
pour concevoir l'AP01 qui restera comme le premier châssis
Prost de l'histoire. Coincé entre les contraintes d'une
équipe encore en construction, du déménagement et le devoir
de résultats réclamés par le boss autant que par Peugeot,
ce dernier a préféré jouer la "sécurité". Au niveau des
lignes du museau, du capot-moteur et de sa partie arrière,
l'AP01 présente un air de famille cher aux dernières JS
de l'ère Ligier. Sous sa robe, le V10 Peugeot A16 s'est
évidemment substitué au Mugen-Honda. Un moteur que, là encore,
l'équipe de Jean-Pierre Boudy définit comme une évolution
de l'A14 de 1997 Un choix délibéré, pris en plein accord
avec Alain Prost, afin de ne pas avoir à affronter des problèmes
de fiabilité interne parallèlement à la mise en place d'un
nouveau partenariat. Un partenariat des plus importants
pour un Lion insuffisamment rassasié depuis quatre ans.
Pour l'heure, en F1, le constructeur français a connu plus
de frustrations que de joies. La première fut causée par
le divorce d'avec McLaren au terme du premier exercice fin
1994, alors que les autres vinrent de trois ans de mariage
avec Jordan qui ne commença à porter ses fruits que lors
de l'ultime saison. Sans l'aventure Prost, il est donc certain
que Peugeot aurait déjà jeté l'éponge. Reste, pour finir
à évoquer les objectifs sportifs de cette première saison
de vie commune. Soyons réalistes. Nouveau partenaire et
nouveau règlement technique, il faut s'attendre à ce que
la première demi-saison soit plus difficile que celle de
1997. L'an passé, Loïc Bigois était parti d'une base connue,
et les gommes Bridgestone avaient été un allié de poids.
Cette fois, c'est face à une feuille blanche qu'Alain Prost
se retrouve, avec une équipe deux fois plus grande et ne
se connaissant pas encore très bien.
Dès lors, le but avoué est de mettre le Prost Grand Prix au
niveau des quatre meilleures équipes du plateau... Et ce le
plus vite possible!
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