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Déménagement dans de
plus vastes locaux, investissement de 50 millions de francs
dans les départements design et manufacture, passage à 170
personnes d'ici à la fin de l'année, création d'une indispensable
structure d'essais, pour affronter sa seconde saison en
Grand Prix (celle considérée généralement comme étant la
plus difficile), l'écurie Stewart n'a d'autant rien voulu
laisser au hasard que, de son côté, le géant Ford a consenti
à une implication plus radicale que jamais. Pour ceux qui
doutaient encore de son engagement total et inconditionnel
aux côtés des Stewart, le message est sans appel.
Cette fois, le constructeur de Detroit jette toutes ses
forces dans la bataille et entend le faire savoir fort et
clair. Aérodynamique, suspensions, châssis, calculs, électronique,
c'est à tous les niveaux que le géant américain s'est investi.
Tant à Cologne, qu'à Detroit, les meilleurs techniciens
de la firme ont été mis à contribution. A Northampton, chez
Cosworth, soixante ingénieurs Ford travaillent désormais
en permanence avec les hommes de Nick Hayes. Depuis les
18 derniers mois, en effet, les relations entre les deux
maisons ont singulièrement évolué: Cosworth est devenu bien
plus qu'un fournisseur moteur et Ford bien plus qu'un sponsor.
Maintenant, à l'instar de l'écurie Stewart, la célèbre société
d'engineering jouit avec Ford d'un contrat à long terme.
Face à la déplorable fiabilité du V10 maison l'an passé,
Ford a donc décidé de saisir le taureau par les cornes.
Grâce à l'implication des ingénieurs de Ford Cologne en
Allemagne et Dearborn aux Etats-Unis dans des domaines allant
du design à l'étude de matériaux, un énorme gain en termes
de temps a été enregistré et c'est en partie ce qui explique
qu'un tout nouveau bloc ait pu être produit en un temps
record. Côté Stewart, Alan Jenkins a lui aussi travaillé
en corrélation avec les bureaux d'études du géant automobile
pour produire le très "high-tech" châssis SF2. Boite de
vitesses en carbone, suspension arrière "multilink", soin
particulier apporté au recentrage des masses, la dernière-née
du directeur technique du team se veut ingénieuse, pour
ne pas dire à haut risque. Un péché d'orgueil? Jenkins affirme
que non, mais reconnaît que la SF2 est le fruit d'un très
ambitieux projet pour une seconde année de F1. Avoir à mener
son développement tout en assumant un déménagement et un
renforcement humain de l'édifice, ne va pas être des plus
aisés. Face aux mêmes difficultés, Prost aura préféré la
tactique de l'évitement en misant sur du classique alors
que la position des Stewart se veut plus radicale.
Cela dit, il est vrai aussi que Jackie et Paul sont en terrain
connu avec un partenaire moteur avec qui il ont déjà appris
à travailler. Un partenaire donc l'emblématique "Ovale bleu"
est devenu très proéminent sur le capot-moteur (signe d'une
identification plus prononcée)! Une autre manière, aussi,
d'affirmer que le Stewart-Ford GP a vraiment les moyens
de ses ambitions?
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