|
Mardi 2 décembre, à
Londres, Craig Pollock, Adrian Reynard et Martin Broughton,
émissaire du cigarettier B.A.T., officialisaient le rachat
de Tyrrell et portait "British and American Racing" sur
les fonts baptismaux. BAR naissait au monde, alors qu'était
mise en terre l'historique écurie de Ockham.
"Concourir au plus haut niveau de
la Formule 1, avait alors expliqué Ken Tyrrell la
gorge serrée, est devenu très cher
et nous n'avons pas été capables de trouver les capitaux
nécessaires. Nous avons vécu une saison 1997 très difficile
où nous fûmes relégués en fond de grille. Cette situation
est incompatible avec le haut niveau de l'esprit de compétition
qui est le nôtre." Aujourd'hui, l'historique structure
de Ockham s'apprête donc à débuter une tournée d'adieu au
cours de laquelle la présence des hommes de BAR se voudra
sans doute assez discrète. Jusqu'au terme de la présente
saison, Harvey Postlethwaite restera à la tête du management
technique avant de s'effacer pour laisser place à Adrian
Reynard. Concrètement, au cours de ces dernières semaines,
BAR est seulement intervenu pour permettre à l'écurie de
boucler son budget. La pluie de dollars, ce sera pour l'an
prochain, ce sera pour, d'entrée, rivaliser avec les meilleures
écuries du plateau et ce, sous son propre nom. Dès lors,
comment ne pas en déduire qu'une ultime saison en demi-teinte
de l'écurie a été la solution privilégiée. Un départ en
fanfare aurait laissé des regrets, alors qu'une mort lente
et anonyme passera inaperçue. Certes, le recrutement de
Toranosuke Takagi ne fut pas du ressort de la nouvelle organisation
puisque le protégé de Satoru Nakajima (ex-pilote Tyrrell
et sponsor de l'écurie via PIAA) était acquis de longue
date. En revanche, que l'on nous permette de nous interroger
sur la promotion de Ricardo Rosset qui fut du ressort de
Craig Pollock. Evidemment, les 5 millions de dollars du
Brésilien vont effectivement permettre au team de terminer
sereinement la saison mais, côté sportif, la moisson de
points risque d'être des plus maigres. Sans doute un Jos
Verstappen ou un Jean-Christophe Boullion auraient-ils permis
à l'actuelle équipe de partir la tête haute car, à la vue
des derniers essais d'avant saison, la dernière-née de Ockham
semble des plus compétitives. Couplé à un V10 Ford client
(bloc du Stewart Grand Prix l'an passé) qui s'annonce prometteur
le châssis 026 de la paire Postlethwaite-Gascoyne a montré
un joli potentiel que, malheureusement, les deux recrues
1998 auront sans doute du mal à exploiter. Evidemment, en
souvenir du passé glorieux de ce team qui régna sur les
années soixante-dix, nous espérons nous tromper et souhaitons
qu'ils seront à la hauteur de la réputation du nom Tyrrell.
Ainsi, au cours de ces dernières années, jamais Ockham n'aura
réussi à regrouper sous un même toit un "package" compétitif
et des pilotes de talent. Ce fut l'un ou l'autre, mais jamais
les deux en même temps et c'est sans doute ce qui aura scellé
le sort funeste de la structure.
|