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Ecurie-phare des années
90, la structure de Frank Williams et de Patrick Head est
assurément l'exemple à suivre pour ceux qui caressent l'espoir
de coiffer la couronne mondiale. Plus que sa rigueur, c'est
son extraordinaire longévité au sommet de la hiérarchie
qui attise les convoitises et impose le respect.
S'appuyant sur un concept de base cohérent permettant d'évoluer
dans la continuité, les châssis FW qui se sont succédé au
cours de ces dernières saisons n'ont jamais quitté l'avant-scène,
se permettant de glaner cinq titres constructeurs et quatre
titres pilotes depuis le début des années 90. Certes, cette
année, la refonte de la réglementation technique pourrait
être un élément à même de détruire le bel équilibre, mais
l'arrogance avec laquelle la dernière-née de Grove affiche
malgré tout sa filiation fait penser que la nouvelle équipe
mise en place par Patrick Head a travaillé sur des bases
solides. Aussi, peut-on avancer que le départ d'Adrian Newey
vers les cieux de Woking ne devrait pas avoir les répercussions
attendues. Plus volumineuse que sa devancière, la nouvelle
FW20 n'en garde pas moins un singulier air de famille avec
la FW19 Championne du monde en titre. Geoff Willis, nouveau
aérodynamicien en chef, ne s'en cache d'ailleurs pas qui
souligne que la FW20 est la résultante d'un développement
majeur du modèle 1997 et qu'elle garde donc la griffe aérodynamique
Williams. Quant à Gavin Fisher, nouveau designer en chef,
il abonde en précisant qu'il était important de garder les
ingrédients qui ont fait la force et le succès de Williams
depuis le début des années 90. Pas de boîte de vitesses
longitudinale, pas de transmission révolutionnaire, pas
de suspension "multilink", la nouvelle FW20 est le fruit
d'une importante optimisation en terme d'aérodynamique et
d'un important programme de recherches focalisé sur le travail
des nouveaux pneumatiques et son incidence. "Les
pneus, insiste le directeur technique historique
de Williams, vont avoir cette saison
une répercussion sans précédent sur les performances."
Dans la bouche de Head, ces quelques mots résonnent d'un
coup comme un glas et l'on comprend mieux pourquoi au cours
de la dernière saison, l'écurie d'essais n'a pas manqué
d'être présente à toutes les séances organisées par le manufacturier
Goodyear. Un manufacturier dont ce devrait être la dernière
saison en F1, mais que Frank Williams compte bien retenir
quelques années de plus. D'où l'inébranlable confiance du
patron concernant leur compétitivité. Le problème pneus
balayé, reste celui du moteur qui, né Renault, est aujourd'hui
Mécachrome. Là encore, l'homme de fer, sans doute rassuré
par la présence des mêmes ingénieurs Renault Sport que par
le passé, ne cache pas son optimisme.
Une nouvelle fois, donc, c'est avec le statut de favorites
que les armes de Grove entreront en campagne. Pour abreuver
de rouge, cette fois, les sillons de leur futur champ de
bataille?
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