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L'année 1998 aura apporté
deux choses essentielles à l'écurie Jordan: une victoire
et une confiance en l'avenir qu'elle n'avait encore jamais
connues. Galvanisée par ce premier succès, consciente qu'elle
peut désormais se battre dans le top 4 du championnat, elle
affiche aujourd'hui de nouvelles ambitions.
Pour les concrétiser, Eddie Jordan, l'âme du groupe, a décidé
de repenser totalement ses structures et son approche. Jamais,
ainsi, une nouvelle monoplace Jordan n'était apparue aussi
tardivement au cours de l'hiver. Si l'écurie a pris ce risque,
c'est parce qu'elle a désormais une confiance totale en
ses capacités de design et production. A la sûreté technique,
Eddie a aussi voulu ajouter la sécurité finantière en vendant
40% des parts de son écurie à "Warburg Pintus", une société
de financement américaine. Grâce à tet apport d'argent frais,
l'homme a pu renforcer l'assise de son entreprise avant
de se lancer à l'assaut du troisième millénaire. Les années
2000 seront siennes, il en est sûr, et pour affronter l'ultime
challenge devant le mener au titre mondial, Eddie a fait
place nette. A nouvelles ambitions, nouveaux hommes! Après
dix ans de vie commune, tant Eddie Jordan que Gary Anderson,
directeur technique "historique" de l'écurie, avaient besoin
d'un peu d'air frais. Le premier l'a trouvé auprès de Mike
Gastoyne, le second au sein de l'écurie Stewart Grand Prix. Au fil
des ans, le caractère entier de Gary avait peut-être fini
d'étouffer quelque peu un département où initiatives et
idées doivent circuler sans contraintes! Si tout semble
donc s'orchestrer au mieux pour la plus "rock" des écuries
du plateau, il n'en reste pas moins que deux échéances de
taille l'attendent à la fin de la saison 1999: les renouvellements
des contrats avec B&H (sponsor titre) et Mugen Honda (motoriste).
Si le premier semble d'ores et déjà en bonne voie, le second
pourrait se montrer plus problématique si, d'aventure, les
résultats n'étaient pas au rendez-vous! Via la structure
mise en place par Harvey Postlethwaite, Honda prépare activement
une entrée en F1 prévue l'an prochain.
Dans ces conditions, conscient qu'il doit montrer au motoriste
japonais le bien-fondé d'une confiance renouvelée, le rusé
Eddie n'a d'autre alternative que de s'imposer. C'est sans
doute aussi pour cette raison qu'à l'expérience d'un Damon
Hill, il aura jugé utile d'associer celle de Heinz-Harald
Frentzen. Pour relever tant de challenges à la fois, il
fallait pouvoir compter sur des épaules solides...
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