Vincenzo Sospiri et Ricardo Rosset sont sous le choc. Certes, ils n'attendaient pas de miracle de ce déplacement brésilien, mais
étaient loin de penser que la non-qualification (après celle du GP
d'Australie) serait cette fois définitive. C'est alors qu'il participait à une séance de dédicace pour MasterCard que le
jeune Brésilien avait appris la nouvelle par téléphone. Quant à Sospiri, c'est en ouvrant la presse du jour qu'il avait été
saisi de stupeur. Depuis, l'un comme l'autre avaient bien tenté de contacter les têtes pensantes du team, mais en vain! Pour
encaisser les 300 000 dollars de l'Italien et le million du Brésilien, sans doute l'écurie avait-elle connu moins de problèmes
de liaison...
Pour le moment, ils
étaient donc là, tenter de comprendre pourquoi l'arrêt de mort de l'écurie (le leur aussi par la même occasion) avait été signé
avec tant de précipitation puisque les voitures et le staff étaient déjà sur place. "Pour ce Grand Prix au
moins", soulignait Sospiri, "il aurait été possible de trouver une solution entre les partenaires de
Rosset et les miens. Pour Ricardo, ce Grand Prix à domicile était évidemment très important d'un point de vue commercial. Pour
moi aussi d'ailleurs qui avait invité quelques partenaires présents et futurs. Après, de retour en Europe, il aurait toujours
été temps de voir ce qu'il était possible de faire pour sauver la saison mais, pour cela, il aurait été mieux de courir ici."
Rosset pendant les qualifications du GP d'Australie
Seulement, le divorce était à effet immédiat et, pour les pilotes, le coup de poignard risquait malheureusement d'être fatal
à leur carrière F1. Ainsi, à défaut de communiqué officiel, restait à supputer que les débuts plus que calamiteux du châssis
T97/30 (doit-on ajouter le peu d'enthousiasme généré par le club censé assurer le financement du projet et qui, à l'heure du
renoncement, ne comptait guère plus de 300 membres!) avait poussé MasterCard à jeter l'éponge.
A voir la précipitation avec laquelle était tombé le couperet, on pouvait avancer que le réveil avait dû être douloureux pour
le célèbre organisme de crédit. Sans doute, une prochaine fois, Craig Pollock et Julian Jacobi (qui gèrent les intérêts de la
société américaine via une société de conseil en marketing leur appartenant conjointement) seront-ils plus vigilants avant
d'engager la crédibilité de leur client. Pollock / Jacobi, un duo dont les noms n'avaient pas tardé à crépiter sur "radio
paddock" puisque, dans la foulée de l'annonce du renoncement de MasterCard, était née la rumeur selon laquelle les deux hommes
d'affaires de Jacques Villeneuve étaient sur le point de créer une écurie de F1 avec la complicité du constructeur Reynard et
les deniers de MasterCard. Aussitôt, Pollock avait apporté un démenti formel!
C'était dans cette atmosphère quelque peu délétère et chargée de questions sans réponse que s'achevait ce qui aurait dû être
le grand retour de Lola en F1. Un "come back" définitivement abandonné? Sospiri et Rosset se refusaient encore à y croire et
espéraient trouver des solutions cette semaine à Huntingdon, siège de Lola, pour que ce divorce ne soit pas, pour eux, à
terme, synonyme d'enterrement de première classe...
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